L’historique : la décennie des années ’80

Un événement très marquant vient appuyer le mandat des parents. C’est l’inclusion en 1982 de la Charte des droits et libertés dans la constitution du Canada. La Charte renforce le statut du français et de l’anglais en tant que langues officielles du Canada et constitutionnalise la dualité linguistique du Canada. De plus, l’article 23 reconnaît aux citoyens des deux langues officielles le droit d’accès à l’éducation dans leur langue maternelle dans des établissements qui leur appartiennent, donc qu’ils ont le droit de gérer. Cet événement ne signifiait pas pour autant que les droits des parents étaient acquis. Il s’en suivra d’autres débats, d’autres négociations, de nombreux recours devant les tribunaux, des déchirements au sein de la communauté et d’autres luttes interminables.

Durant les années 80, la FPCP, ainsi que tous les autres organismes de parents, consacrent leurs énergies à convaincre leurs gouvernements provinciaux de leur accorder leurs droits enchâssés dans l’article 23 de la Charte des droits et libertés. Nous avions réussi au Manitoba à acquérir le droit d’accès à l’éducation française et à l’école française et aussi à obtenir un certain nombre d’écoles. Maintenant, il nous fallait consacrer nos énergies à obtenir la gestion totale de nos écoles.

Des luttes acharnées pour obtenir des écoles et pour maintenir les acquis poussent la FPCP en 1986, à recourir aux tribunaux pour avoir gain de cause.

L’implication de la FPCP se poursuit dans différents secteurs. D’une part, bien que les dossiers politiques et juridiques consomment temps et énergies, la FPCP crée, dès mars 1987, le Comité directeur des structures scolaires (CDSS) dont le mandat sera de développer un modèle de gestion pour les écoles françaises et un projet d’implantation de ce modèle. D’autre part, en 1983, la FPCP prend officiellement le dossier du préscolaire. Par ce fait même, la FPCP confirme la conviction bien arrêtée des parents qu’il nous faut préparer le jeune franco-manitobain au plan linguistique et culturel.

D’ailleurs, depuis 1986, deux coordonnatrices y travaillent à plein temps. Cet appui aux parents se traduit par la publication mensuelle du Mini-journal et de Créativité, outils pédagogiques pour aider parents et animateurs/trices de la jeune enfance. Les coordonnatrices offrent une aide technique pour la mise sur pied de nouveaux groupes. Elles continuent toujours à offrir des services de consultation, de liaison, d’information et de formation aux parents et aux animateurs/trices de la jeune enfance.

De plus, en 1988, la FPCP parraine deux projets de formation intensifs pour les animatrices en garderie afin de palier à la pénurie d’animatrices francophones accréditées. De tels projets contribueront à la mise sur pied d’un programme d’éducation accrédité en services de garde au Collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB ) dès 1989.

Les efforts de la FPCP se sont concentrés au niveau de la gestion scolaire et du préscolaire. Nous sommes sur le point d’obtenir dans les faits cette gestion scolaire que nous revendiquons depuis plus d’une décennie. Tant d’énergies ont été dépensées en vue d’atteindre cet objectif! Il est d’importance primordiale pour la communauté franco-manitobaine, qu’une fois acquise, la gestion de nos écoles sous un système proprement nôtre, serve à rehausser la qualité de l’éducation de nos enfants et la vigueur de la langue et de la culture pour lesquelles nos prédécesseurs n’ont cessé de lutter. Donc, qu’elle serve réellement à répondre à nos besoins.