L’historique : la décennie des années ’70

À la suite à l’adoption de la loi sur les langues officielles par le gouvernement fédéral, l’année 1970 marque le début d’une ère nouvelle pour les Franco-manitobains. Le gouvernement manitobain adopte la loi 113 permettant l’enseignement en français jusqu’à 100 % du temps de la maternelle à la 4e année inclusivement et jusqu’à 75 % de la 4e à la 12e année. Cette loi permet donc l’enseignement en français sans toutefois permettre la création d’écoles françaises. La décennie des années soixante-dix voit la création de l’Institut pédagogique en 1972 et de plus la mise en place du Bureau de l’éducation française (BEF) par le ministère de l’Éducation en 1974.

Plusieurs parents comprennent vite les multitudes d’opportunités que la nouvelle loi offrait. C’est ainsi que l’on voit naître et grandir une implication plus intense de la part des parents. D’une part, nous voyons la naissance du mouvement des Mini- Franco-Fun en 1972, afin de mieux préparer les enfants à leur entrée dans un programme de français. D’autre part, surgissent, sur le plan scolaire, des luttes et débats pour avoir des classes françaises, voire même des écoles françaises dans certains milieux. Rappelons-nous des revendications, des débats et des luttes entourant les écoles Taché et Précieux-Sang, Noël Ritchot, Lagimodière, Gabrielle-Roy et bien d’autres… et la lutte n’est pas finie.

Toutes ces luttes obligent les parents à vouloir s’unir et conjuguer leurs forces devant le poids grandissant des revendications à soutenir. Il fallait se regrouper en un organisme afin de mieux lutter pour obtenir le plein droit des parents.

C’est au printemps 1976 que les comités de parents déjà existants se regroupent pour créer la Fédération provinciale des comités de parents Inc. (FPCP). Cette fédération regroupe les comités de parents attachés aux écoles françaises ainsi que les comités d’écoles où l’on enseigne en français et en 1980 permet l’adhésion de tous les comités du secteur préscolaire. La Fédération a pour but de promouvoir le développement et l’épanouissement de l’éducation française là où les parents francophones le désirent pour leurs enfants. La Fédération travaillera à la formation de nouveaux comités, appuiera les comités existants dans leur revendication et leur fournira l’aide et les outils dont ils auront besoin dans leurs relations avec leurs commissions scolaires respectives. De plus, elle développera mémoires, données, bulletins, aides pédagogiques et ressources de toutes sortes et assurera une liaison avec tous les organismes intéressés ou impliqués dans l’éducation française. Aussi, depuis sa création, la FPCP revendiquera auprès des gouvernements et commissions scolaires la reconnaissance des droits à l’éducation française.

Un article que signait un ancien directeur de la FPCP, Armand Bédard, démontre bien la raison d’être de la FPCP. Une loi permissive telle que la loi 113, oblige les parents à revendiquer :

« Les comités de parents du Manitoba sont nés dans des besoins engendrés par des contestations au niveau local. Ils n’ont pas été inventés; ils sont les résultats logiques des besoins réels…Les nombreuses batailles que les parents ont dû mener leur firent réaliser qu’il serait presqu’impossible d’obtenir gain de cause sans s’unir pour travailler ensemble…Il faut se souvenir que la FPCP détient sa raison d’être dans le fait que la loi 113 est permissive. Même si cette loi semble généreuse, il reste tout de même que les parents francophones sont placés dans une position de quémandeurs. En effet, s’ils veulent se prévaloir de ce que la loi « permet », ils doivent d’abord se regrouper pour faire des demandes, revendiquer et souvent même se battre pour obtenir, soit des classes françaises ou des programmes français. La loi ne prévoit même pas que ces classes ou programmes soient éventuellement réunis sous un même toit pour former une école française. »