L’historique : avant la Fédération des parents du Manitoba

L’implication des parents au niveau de l’école date du temps où les commissaires d’écoles avaient la responsabilité de leur école locale. À toutes fins pratiques, c’était le temps où les Franco-manitobains, en milieu homogène, géraient leurs propres écoles; les commissaires étant dans la majorité des cas, les parents des enfants fréquentant ces mêmes écoles.

Bon nombre d’entre elles, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, se dotaient d’un comité de « parents et maîtres ». C’était alors, sous le leadership des communautés religieuses enseignantes et du clergé, le véhicule principal de l’implication des parents.

Les grandes revendications en matière d’éducation depuis l’abolition du français comme langue d’enseignement en 1916, devenaient le cheval de bataille de l’Association d’éducation des canadiens-français du Manitoba (A.E.C.F.M.). Mandatée par les parents et toute la communauté franco-manitobaine, appuyée par les représentants élus, l’A.E.C.F.M. devient le porte-parole légitime à revendiquer les intérêts des parents. Son implication concrète auprès des écoles se traduit par le service «d’inspecteurs d’écoles françaises» et de concours provinciaux en français. Certains d’entre nous se souviendront du fameux «concours de français». Pendant une cinquantaine d’années, les francophones ont réussi grâce à l’A.E.C.F.M., à garder un certain contrôle sur l’enseignement du français, surtout dans les communautés où ils étaient majoritaires. Cependant, les décennies se succèdent et nous amènent à des changements et même des bouleversements qui forceront les parents à s’impliquer davantage dans des causes et des mouvements en matière d’éducation qui, jusqu’à présent, avaient été relégués à nos élites franco-manitobaines.